Je n’aime pas les PF et leurs méthodes, c’est officiel

Bon, parce qu’il fallait bien que ça merde quelque part. J’avais raison, la première semaine c’est jamais révélateur de ce que donnera la suite du stage, la première semaine c’est la découverte, tout le monde il est beau il est gentil. Moi de mon côté, j’ai certes peur parce que je ne connais pas, mais la partie découverte a toujours été une période que j’apprécie parce que très riche, tout est nouveau! A chaque fois c’est prometteur, je réalise tout ce que je vais pouvoir apprendre, c’est génial!

Et puis le PF devient soudain PF. Au bout de la deuxième semaine, tu comprends, il est temps.

Je réalise que quelque soit la personne que j’aurai en face de moi, j’aurai toujours un problème avec les PF parce que je ne supporte pas leurs méthodes. Enfin, j’espère qu’ils ne seront pas tous des fanatiques. Mais chacun a son obsession: la première c’était « l’organisation » (elle me fliquait afin que je sois dans les temps, car en fait c’était ça. Peu importe que je lave les gens qu’à moitié. Fallait finir à l’heure.). La seconde c’était « la communication », je vous renvoie à mes articles sur le stage en oncologie… je n’avais rien le droit de faire d’autre que ça. Tenir compagnie aux patients pendant la chimio, pendant 8 semaines. Et a présent, l’obsession de ma PF, c’est « l’observation ». Et bien sûr, en mode fanatique. Une obsession quoi. Elle me harcèle avec ça, avant de rentrer chez les gens, pendant qu’on est chez les gens, quand je cherche des yeux où la personne a rangé ses médicaments pour faire le semainier (parce que si je demande au patient je me fais reprendre avec un « observe! C’est là! »).  C’en est à un point où forcément, moi, je ne vois plus rien parce que je ne suis plus dans mon état normal, je stresse, je me demande « bon, qu’est ce qu’elle va vouloir que je voie cette fois, qu’est ce qu’elle va me poser comme question piège ensuite? ». Ca m’énerve. Mais laisse moi respirer! Débriefe avec moi dans la voiture, demande moi ce que j’ai observé, complète avec ce que tu penses important que j’aurai oublié, et petit à petit j’exercerai mon oeil. Pourquoi tout le temps ces techniques de PF à la con qui sont pour moi inappropriées et déstabilisantes? Pourquoi piéger? Pourquoi ne pas cheminer ensemble plutôt?

Et puis le truc qui m’agace le plus, c’est qu’on nous explique qu’on est acteur de sa formation mais que sur les stages à chaque fois c’est les PF qui fabriquent mon stage à ma place. Dans le stage précédent, elle m’a harcelé pendant un mois avec mes objectifs de stage, pour à la fin ne même pas les prendre en considération dans le bilan de fin de stage. On en avait plus jamais reparlé. C’était bien la peine! Sans parler du fait que à la fin les objectifs n’étaient de toute façon plus les miens. Ils ne correspondaient pas à ce que je voulais apprendre, à ce que j’avais besoin de travailler. On avait décrété que je  n’étais là que pour observer et communiquer avec les patients. On avait nié tout ce que j’avais déjà effectivement appris, en travaillant en home, avec les cours que j’avais déjà reçu, on avait nié ma volonté et ma capacité à apprendre pendant le stage, on avait ignoré qui j’étais et ce que j’avais envie de faire de ce stage. Absolument tout avait été décidé pour moi. Pour quelqu’un de mon âge avec en plus mon grand attachement à mon indépendance, mon autonomie… c’était assez désagréable.

Et puis ça recommence. Cette fois on ne peut pas me dire que c’est parce que je suis en classe préparatoire. J’étais contente d’avoir des après midi chaque semaine avec ma PF au bureau, pour débriefer sur la semaine, échanger, travailler sur mes objectifs, j’étais contente que le vendredi on puisse planifier ensemble mes tournées pour la semaine suivante et tout ça. Mais au final les après midi PF, c’est la PF qui te demande ce que tu attends de cet après midi puis en fait tout autre chose. Et qui te fait des  grands discours où tu ne comprends pas où elle veut en venir sans te laisser en placer une, et bien sûr pour te dire des choses négatives mais sans les dire vraiment. Et qui ne regarde pas ton putain de livret de l’étudiant où tu t’es fait chié à faire chaque jour tes auto-évaluations et où les collègues ont noté des choses. Et qui t’a jugé, catégorisé, pense avoir tout compris de toi, après t’avoir vu 4 jours.

Et qui décide du patient sur lequel tu feras ta démarche de soin, et qui défrichera avec toi sur la base du recueil de donnée pour arriver au diagnostique infirmier et tout le blabla. Mais moi, je veux le faire toute seule ce travail. Je veux le faire toute seule et te le présenter ensuite et là on discutera. Sinon c’est toi qui va aussi décider de quoi je vais parler et moi ça je ne veux pas. Tu vas faire comme  tu fais toujours, du haut de ta formation de PF supposée être pédagogique: tu chercheras à me faire dire exactement ce que tu veux que je dise et je jouerai aux devinettes au lieu de faire un vrai travail de réflexion. Je DETESTE ça.

Ah, et puis la planification pour la semaine suivante, c’est évidemment elle qui décide avec qui je vais et quels patients je vais voir sans me demander mon avis. Je sais pas, y’a peut être des patients que j’ai envie de suivre régulièrement afin d’avoir une continuité, enfin chais pas, chuis peut être un peu concernée aussi… En plus elle ne sait pas qui j’ai vu et ce que j’ai fait en son absence, puisqu’elle ne me demande pas…

Je déteste l’encadrement des PF sur les stages. Je ne sais pas comment ils sont formés mais je retrouve chaque fois les mêmes travers et je commence à penser que ça vient de leur formation parce que sinon c’est pas possible. Mais qu’est ce qu’on leur raconte? Est ce que c’est supposé être pédagogique? Comme l’autre qui me sort que son rôle c’est pas de me dire ce que je fais bien?? Mais … mais c’est quoi ce délire? Je pourrai ne pas apprécier particulièrement tourner avec telle ou telle personne, et réciproquement d’ailleurs- on ne peut pas avoir des affinités avec tout le monde. Mais là, c’est systématique, c’est le même truc qui se répète à chaque fois, trois stages, trois schémas similaires: avec le PF ça va pas (en mode mal au ventre) et avec les autres aucun problème (même si affinités avec certains plus qu’avec d’autres).

Est-ce que je vais pouvoir tenir 3 ans comme ça? J’sais pas. Franchement, je sais pas. J’ai vraiment envie, malgré ce que mes PF pensent, j’ai bien réalisé ce que c’est qu’être infirmière, c’est pas parce que j’ai effectué un virage comme ça dans ma vie que je ne sais pas où j’ai mis les pieds, c’est pas parce que j’ai pas toujours voulu être infirmière que je ne peux pas le devenir. Je trouve ça injuste de tourner chaque fois mon âge, mon parcours, comment je suis arrivée là, contre moi. Les infirmières se plaignent d’être sous payées, mal reconnues, revendiquent le fait de ne plus être des nones mais bel et bien une profession. Mais n’empêche que pour un certain nombre d’entre elles si t’es pas dans la vocation c’est que tes motivations sont douteuses. Faut savoir, hein.

C’est vrai que je ne sais jamais comment répondre à la question piège  » c’est quoi pour toi être infirmière ». Et alors on pense que je ne sais pas vraiment ce que je fais là. Et ça m’énerve parce que j’y ai longuement réfléchit en vérité. Mais vraiment. D’autant plus que j’engage mon avenir une bonne fois pour toute – moi je ne suis pas là pour rigoler, je suis sérieuse, je sais ce que je veux. Mais quoi que je dise, ça se retourne à chaque fois contre moi, j’ai appris à me méfier de cette question. Et je ne sais toujours pas comment je dois y répondre. Je crois que le plus judicieux serait de mentir: « j’ai toujours voulu être infirmière mais mes parents m’ont poussé à l’université mais maintenant je reviens vers mon premier amour » point final, fin de l’histoire. Plus simple comme ça. Pas besoin de longues explications, et surtout, pas besoin de me justifier. Parce qu’en fin de compte, c’est ça.

Résultat des courses: j’ai mal au ventre la veille au soir quand je sais que la PF est là le lendemain. J’ai peur de tout faire de travers, de ne pas réussir à voir ce qu’elle veut que je voie, de ne pas réussir à dire ce qu’elle veut que je dise, parce que je suis stressée et mal à l’aise avec elle et sa façon de s’y prendre avec moi. Et plus je stresse, plus je deviens cruche, balbutiante et gauche. Et fatalement le PF se demande comment une idiote comme moi, qui ne sait pas voir un fichu paquet de la pharmacie sur la table, peut bien foutre dans les soins infirmiers. Et fatalement, je perds confiance en moi.

 

Bref… je suis super déçue. J’espérais avoir rencontré l’exception mais j’ai l’impression qu’en fait c’est la règle, j’ai beau tirer des leçons d’une fois à l’autre, quoi que je fasse j’en arrive toujours au même point, je ne sais plus comment être, quoi dire, quoi faire… je ne conviens jamais. Et pourtant dieu sait que je me plie! Même quand je trouve leur méthodes douteuses ou leurs propos injustifiés, je prends en compte ce que me disent les PF et je fais de mon mieux pour m’ajuster. Au final je me demande si je ne devrais pas plus me défendre? Mais j’ai le sentiment qu’une fois que t’es jugé, classé, rangé dans une case, t’as presque aucune chance d’en changer. Espérons que cette fois, la PF sera aussi capable de changer d’avis qu’elle a été prompte pour me juger… et que j’arriverai à ne pas me laisser abattre…

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5 commentaires

  1. Je sais que ça te paraître un peu « gros » et un peu simpliste dit comme ça, mais je pense que la clé pour que tu te sentes mieux, c’est d’avoir confiance en toi.
    Oui je sais, c’est pas comme apprendre à faire ses lacets, mais je t’assure, pour avoir vu pendant mes années de formation certains collègues se faire tout petits (certains ont abandonné), je me dis que c’est quand même dommage de « subir » les émotions qu’entraînent le manque de confiance en soi.

    Courage Miette !!!!

    • Oui je sais… ça vient gentillement. Ma PF m’a dit que j’avais quand même atteint cet objectif parce que j’avais nettement pris confiance en moi pendant le stage. Certes, c’est pas encore ça, mais il y a de l’amélioration. Maintenant ce qu’il faut c’est aussi apprendre à me protéger: j’avais confiance en moi en arrivant en oncologie (mon stage précédent) et ça s’est retourné contre moi, on m’a descendu, mis des bâtons dans les roues, mis dans le doute… et je me suis laissée atteindre. Ses paroles, alors même que je savais qu’elles étaient fausses, m’ont bouffées. Et je redoute plus que tout de peut être un jour retomber sur une personne comme ça que je devrais supporter pendant 6 semaines avec le moral qui descend chaque jour un peu plus… Bref…

      Merci de tes messages en tout cas et je vais tâcher de garder force et courage pour je l’espère, arriver au bout de ces études! Elles sont difficiles mais je sais que je deviens infirmière je m’éclaterai après! 🙂

  2. Coucou,
    je me reconnais carrément dans tout ce que tu raconte. J’ai fini mes études d’infirmière à genève en été…
    Ah les PF!!!! Ils sont pas tous comme ça, rassure toi. Certains sont géniaux, j’en ai rencontré en tout cas 2 qui m’ont énormément appris, et surtout qui ont cru en moi.. ce qui m’a donné ensuite des outils pour tout mes autres stages.
    La ou je pense que tu as raison, c’est que certains PF ont une obsession… soit l’organisation, soit la réflexion, le projet de soin et la DDS, soit la communication etc… Bref et il faut vite t’adapter à cela et montrer que tu fais ton maximum pour progresser sur ce sujet. C’est un peu con au final, et t’as un peu l’impression de jouer un rôle.
    Ensuite c’est de réaliser que (et la ça dépend aussi des PF) il est pas là pour t’évaluer mais t’aider. Donc reconnaitre avec lui tes faiblesses et lui demander ce que tu peux faire pour t’améliorer. Et après mettre en pratique à fond ce qu’il te dit.
    Par exemple, j’ai une PF qui m’a dit après trois jours de stage que mon organisation n’allait pas du tout (aouch). J’ai dit ok, qu’est-ce que je peux faire pour m’améliorer? J’ai tout noté et appliqué de mon mieux, même si je trouvais certains trucs un peu débiles voir inutiles… Et au final, bin j’ai vraiment pu progresser.
    La ou il faut pas du tout accepter, c’est quand ils te disent (ou te font comprendre) que tu n’es pas faite pour être infirmière, que tu as pas les qualités requises. C’est faux et archi-faux! Il n’y a pas une sorte d’infirmières et il y a mille facettes à ce métier. Et je pense surtout que c’est un métier qu’on apprend. On ne naît pas infirmière, on le devient avec l’expérience.. On prend de la dextérité, on apprend à observer, on apprend à entrer en relation etc..
    Une dernière chose ;), dans tes autos-évaluations, il faut que tu donnes tes points positifs.. je dirais même surtout et avant tout. Pas en mode je suis la meilleure mais en mode.. j’ai pu faire ça, ça et ça et j’y suis arrivée. J’ai progressé là et là…
    En tout cas je te souhaite de tomber sur une PF géniale dans tes prochains stages. Une qui fais que tu te souviens pourquoi tu as choisi ce métier!!
    Mon premier stage en année préparatoire a été difficile aussi, et m’a fait perdre bcp de confiance en moi… Ça a mis du temps à revenir mais hé… j’y suis arrivée.
    ( et le challenge mtn c’est de bosser en tant que jeune diplomée :P)

    • Merci Dilya pour ton commentaire!!! C’est chouette d’avoir ton expérience, merci 🙂

      Je te rejoins dans tout ce que tu dis. Les obsessions des PF, et puis leurs méthodes/vision des choses différentes, leur rapport aux élèves, tout ça change d’un stage à l’autre et à chaque fois il s’agit de vite les cerner et de tâcher de s’y adapter. Mais même en faisant cela, je remarque que la première impression c’est celle qui reste, hélas, même si entre temps tu as fait beaucoup d’efforts pour t’adapter au PF et que tu vas dans le sens qu’il veut, j’ai l’impression que ta note de stage elle est pratiquement déjà fixée au 1er regard^^

      Bref, pi moi ça me dérange, car comme tu dis, j’ai l’impression de jouer un rôle, de ne pas pouvoir être simplement moi même, et j’ai ce sentiment que c’est toujours l’étudiant qui doit s’adapter au PF alors qu’à mon avis ça devrait être l’inverse, puisqu’il est supposé être là pour nous faire progresser, nous aider, comme tu l’as toi même dit. Et pour ce faire, il doivent normalement nous prendre comme on est avec nos forces et nos faiblesses et utiliser les premières pour nous aider à améliorer les autres! Et pour ça il faut travailler ensemble, proposer des solutions mais surtout entendre ce que l’étudiant lui propose et aimerait travailler avec lui…

      Mais bon. La réalité est ce qu’elle est. Je sais- en tout cas j’espère- qu’un jour je rencontrerai un PF qui sera vraiment bon pour moi.

      Après comme tu dis, je remarque que je n’ai pas besoin d’être aussi dure avec moi même vu que les autres le sont bien assez, il me faut me mettre un peut plus en avant, voir aussi les bonnes choses, arrêter de donner le bâton pour me battre, faire valoir ce que j’ai de positif et mes progrès. Oui, c’est complètement vrai.

      Vivement la fin de ces études, moi j’dis! Bravo pour ta réussite, je te souhaite de t’épanouir dans ce beau et riche métier!! 🙂

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