Spoiler: billet qui part dans tous les sens

studieuseCa ne fait qu’un mois que j’ai repris l’école, et je ne sais pas pourquoi (flairez l’ironie) j’ai l’impression que ça en fait trois. Beaucoup d’informations, beaucoup d’heures de cours, beaucoup de travail à la maison, plus le temps pour rien d’autre, et le stage qui arrive à grands pas: déjà! Dans trois semaines, je serai en stage aux soins à domicile jusqu’au vacances de Noel. Ca veut dire que je vais devoir remplir mon frigo de brocolis. Je suis sûre que les patients vont me harceler à coup de chocolat (et sans doute de café)! C’est déjà terrible dans les services mais en soins à domicile, d’après ce que l’on m’a dit, on nous propose tout le temps à manger. Ainsi j’ai décidé de faire don de mon pèse personne électronique (tout pourri, c’est bien mieux les mécaniques): qui n’en veut?

Enfin bref. Pour notre premier stage les professeurs ont choisi de nous blinder d’un maximum de connaissances pour qu’on puisse en tirer le meilleur parti. On a donc vu toute une batterie de soins en atelier en mode « concentré »: un atelier pansement + injections sous cutanées et intra-musculaires, un autre atelier prélèvement: ponction veineuse, prélèvement de selles et d’urine, un autre encore sur les soins pré et post opératoires et l’oxygénothérapie + glycémie capillaire. Mais du coup c’était beaucoup de choses très vite que l’on a pas eu le temps d’assimiler avant de passer à la suivante et surtout on a à peine pu entraîner, car il y a à chaque fois un certain nombre de soins et plusieurs étudiants sur un mannequin qui s’essaient à tour de rôle pour chacun de ces soins… donc si on a pu le faire une fois, c’est déjà bien. Heureusement nous avons la possibilité de louer une des salles de pratique avec ou sans coaching d’un prof pour pouvoir s’entraîner, bien entendu nous allons en profiter en petits groupes.

Ca c’était pour les connaissances pratiques, les soins techniques. Mais on a aussi fait beaucoup beaucoup de psycho (développement cognitif – neurosciences, développement de la personnalité avec la psychanalyse de Freud et les cycles de vie d’Erikson, développement des relations sociales avec pour l’instant la théorie de l’attachement de Bowlby, et bien d’autres choses à venir), et bien sûr de physiopathologie: diabète, processus dégénératif (à ce jour: vieillissement, organes des sens, système locomoteur, mort clinique et encéphalique), stress et processus hémorragique, processus inflammatoire et infectieux, on a aussi des cours sur la grossesse et l’accouchement, l’hygiène et la PCI, l’organisation du système de santé, des bases de pharmacologie (pharmcodynamie et pharmacocinétique), les sciences infirmière (histoire de la profession, épistémologie de la discipline), un cours d’introduction à l’examen clinique, au recueil de données et à la démarche soins infirmière, et bien sûr ces 16 heures de cours aberrantes sur la recherche (vous savez, ces heures où on a parlé d’épistémologie, d’ontologie et de paradigme et qu’à la fin personne ne sait plus ce que ça veut dire: pouah pouah pouah).

A part l’axe recherche qui me sur-gonfle (faut pas oublier que j’ai quitté l’uni parce que je ne voulais plus faire de la recherche, et voilà qu’on me bassine avec ça maintenant que je suis en soins infirmiers! C’est sûr ça énerve), ma foi j’aime tout ce que l’on fait. Ah non, j’aime pas franchement les cours sur le système de santé, la politique et le droit (mais on en a eu que deux pour l’instant).

J’aime pas parce que ça manque de débat, de recul, d’esprit critique (pour l’instant).  En gros on nous dit « c’est comme ça et c’est bien comme ça, la Suisse a le (ou un des- je ne sais plus) meilleur système de santé au monde! » Et là je m’étrangle, parce que s’il y a UNE aberration en Suisse, c’est bien le système de santé ou plus précisément, les caisses maladie privées. Elles coûtent une petite fortune chaque mois à qui veut pouvoir se permettre de se faire soigner, et si vous ne pouvez pas mettre 300-400 balles par mois dans votre assurance maladie, alors vous devez accepter une franchise très élevée: il vous faudra mettre jusqu’à 2000 francs de votre poche chaque année dans vos soins avant de pouvoir commencer d’être remboursé par l’assurance, et encore, pas à 100%.

Alors certes, c’est mon point de vue d’immigrée fauchée (et française qui plus est) qui s’exprime là, et c’est vrai que pour beaucoup de Suisses qui ont un très bon salaire c’est une dépense peut être pas si extraordinaire, mais ça le devient gentillement. Et puis pour toute une autre partie de la société c’est le coupe gorge ces coûts. Prenons une famille avec la mère au foyer, le père qui gagne 6000 francs/mois et quatre enfants, ça fait bien 1000 balles par mois qui sortent pour assurer tout monde. Et 5000 francs par mois pour une famille pour vivre c’est pas beaucoup vu le coût de la vie ici. Bref, ce qui est chiant c’est qu’il existe des solutions: la caisse unique, et on pourrait aussi concevoir des primes qui prennent en compte les moyens financiers des familles. Et on pourrait supprimer la notion de franchise, c’est vraiment merdique ce truc, ou comment inciter les gens à ne pas aller se faire soigner. Dernièrement à la gare en sortant de l’école j’ai reçu une pomme bio gratuite et un petit dépliant: une assurance maladie qui récompensait les gens qui ne se faisaient pas soigner. Le message c’était en substance « si vous ne nous coûtez rien et qu’en plus vous nous donnez beaucoup d’argent, alors on vous remboursera un petit peu plus »

 

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J’sais pas, moi ça me fait bien marrer. Clairement je devrais souscrire chez eux vu que je n’utilise pas mon assurance maladie. Avant que je dépense 2000 balles en médecin et médicaments… bon peut être si j’ai la chance d’avoir un accident garve avec chirurgie, hospitalisation et tout le blabla, mon assurance pourra t-elle être rentabilisée (mais il faudra avancer l’argent et payer 2000 balles de ma poche). Mais tout va bien dans le meilleur des mondes braves gens! Et après on s’étonne que les gens votent de manière complètement absurde. A certains égards la Suisse est un pays assez surréaliste (pour un français en tout cas, du moins, pour moi 😉 ). Ici les gens se préoccupent des sous qu’ils coûtent à la société, à leur patron, au système. Je me suis souvent entendue dire que c’est bien beau la sécurité sociale en France, mais regarde le déficit de la caisse! Et moi de répondre « mais on s’en fout! » et les gens d’être offusqués de mon peu de considération pour ce domaine. Ben oui mais pour moi ce qui compte c’est que les gens aient accès à la santé, tant pis si les caisses sont vides. Elles le sont depuis bien avant que je sois née, et puis aujourd’hui quel Etat peut se vanter d’avoir les caisses toujours pleines (sans avoir fait de prêts!) ET une population bien éduquée, soignée, nourrie, logée, et pas au chômage? Et qui respecte les droits de l’homme? Parce que sinon on rentre dans la logique purement économique et alors là, à quoi bon avoir encore un Etat, s’il n’est pas là pour faire un minimum contre-poids aux inégalités sociales, pour assurer une éducation et une santé pour tous, pour soutenir les moins chanceux d’entre nous… parce que tout cela coûte cher? 

De toute façon pour moi, c’est une société basée sur la gratuité qui serait la meilleure, la plus juste, la plus respectueuse et qui nous permettrait le mieux d’avancer en tant qu’humanité. Mais il ne se trouve pas grand monde pour prendre cette idée au sérieux. Le truc le plus proche qui se discute aujourd’hui c’est l’idée d’un revenu de base, belle idée! Elle va être prochainement votée en Suisse! Mais je ne me fait pas d’illusion, héhé. N’oublions pas que la Suisse à voté NON pour plus de vacances, parce que ça coûterai trop cher. Alors là… n’y pensons même pas.

« Alors que les patrons saluent le «sens des réalités» des votants, les syndicats sont déçus de l’échec de l’initiative «six semaines de vacances pour tous». http://www.lematin.ch/suisse/seul-jura-accepterait-6-semaines-vacances/story/27640016

On ne verrai JAMAIS une telle phrase dans journal français. JAMAIS! 😀 C’est un truc qui ne peut pas être compris en France, sauf si on se situe très nettement à droite, je pense. La raison c’est que ça entacherai la compétitivité des entreprises (parmi d’autres mais celle là est particulièrement révélatrice, comme l’argument des caisses vides de la sécu). Car le peuple Suisse se soucie de ce genre de choses, ils ne regardent pas que leur intérêt individuel. C’est une chose fort louable, hélas, associé à une logique économique telle que la nôtre, je trouve que ça ne va pas dans le bon sens. En fait ça tourne toujours autour du même pot: les sous. Moi j’avoue que je regarde avant tous les gens, et que les sous – l’économie- devrait être au service des gens et pas l’inverse, comme on dit. Je trouve tellement notre système absurde, sa logique absurde, que j’ai du mal à comprendre ce genre de raisonnement. Enfin je le comprends mais je ne sais pas comment on peut trouver ça bien, car pour moi la logique est complètement merdique. Du coup, je n’aime plus parler politique et débattre avec les gens, parce que bon, j’ai remarqué que ça servait souvent à rien d’autre qu’à m’énerver intérieurement. Dès le moment où on ne pense pas le monde avec la même logique, et où la plupart des gens sont incapable de changer de lunettes, on ne va pas loin. Et là je ne parle pas des Suisses, je parle des gens en général, sur ces questions en général. Les Suisses sont d’ailleurs des gens avec qui il est assez facile de discuter, de mon expérience. Je les trouve posés et respectueux, là où les français sont énervés et grossiers, si on caricature un peu (pas trop)^^

Mais en tout cas, c’est déjà bien que l’idée du revenu de base soit ne serait-ce que considérée. Elle fera son chemin dans l’esprit des gens et un jour peut être, la Suisse dira-t-elle OUI! 

Bref. C’était pas du tout le sujet de ce billet au départ^^

Mais de toute façon je crois que j’avais dit ce que j’avais envie de dire, c’était un petit peu le bilan de ce premier mois, en fin, un peu plus d’un mois. Je trouve très bien que l’on nous apprenne toutes ces choses, j’adore la variété! J’aime vraiment beaucoup ce que l’on fait globalement, du coup c’est même pas vécu comme une contrainte de devoir travailler à la maison. Par contre, il est évident que j’ai de grosses lacunes en anatomie-physiologie, je commence à me dire que j’aurai mieux fait de ne pas travailler l’année dernière et de me concentrer sur cet apprentissage à la place histoire d’arriver en première année avec ça d’acquis. Donc doublement de travail pour moi… à chaque processus physiopathologique, un ou des systèmes d’anat-phy à revoir complètement. Je suis en train de me taper le Marieb dans son intégralité, et j’ai pas hâte d’arriver au système nerveux qui fait à lui seul 300 pages. D’ailleurs, pour ceux que ça intéresse et qui ont comme moi un budget serré, voici un lien pour télécharger le Marieb en PDF et avec un menu réalisé par mon copain pour pouvoir naviguer plus facilement à l’intérieur de cet ouvrage de plus 1000 pages: http://www.partage-facile.com/YDC8L1WRZ8/marieb_menu.pdf.html

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Maintenant je commence à sérieusement penser à mon stage qui approche, je commence à avoir mal au ventre quand j’y pense. Je suis comme d’habitude autant impatiente que effrayée. Peut être un peu plus effrayée considérant la mauvaise expérience de la dernière fois. J’ai peur de ne pas être appréciée pour ce que je suis, j’ai peur d’être jugée, j’ai peur qu’on me dise encore que me personnalité ne va pas… Mais en soins à domicile, j’ai l’énorme avantage d’être toujours accompagnée par UNE infirmière, donc je ne pourrai pas être laissée de côté, rien ne pourra m’échapper et je pourrai pratiquer les soins sous surveillance et ainsi être sûre de faire juste. Il parait que par la suite, quand on a acquis la confiance de l’équipe et que l »on a montré que l’on était un minium capable, on pouvait aller voir des patients seul! Et puis en soins à domicile je pourrai faire un peu de tout: soins de base, pansement, injections, surveillances, éducation thérapeutique etc. Enfin en tout cas c’est un stage qui me plait et que j’avais demandé d’ailleurs. Pour le second, j’hésite entre demander la psy ou la gériatrie.

Voilà voilà, c’est tout pour le moment. Ah non, encore un truc: cette semaine j’ai la chance de rencontrer Nurse Heidi!!! 😀 Avouez que vous êtes tous jaloux!

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