Année propédeutique validée!

Ah ben. Il était temps que ça se termine. Aujourd’hui, je peux enfin regarder devant moi en me disant que je suis en vacances, que j’ai le droit d’être oisive, que je n’ai rien de chez rien à préparer pour l’école, je suis liiiiiibre! Le travail écrit c’était pas bien sorcier, concrètement j’ai rédigé mon truc en 2 jours, mais c’est parce que j’ai pu réaliser tout le travail de recherche pendant le stage. La soutenance orale par contre, fut très stressante. En 25 min j’ai présenté mon travail écrit et puis 15 min de questions du jury ont suivit. Et contre toute attente, ce fut la partie la plus stressante et la plus périlleuse. Le jury a farfouillé un peu du côté où « ça fait mal » entre guillemets et m’a posé des questions pas faciles, essayant de m’amener à dire je ne sais trop quoi. Je n’étais pas du tout convaincue par ma prestation après ça. Et puis finalement, après délibération, c’est la surprise: validé avec 67 points sur 70, les quelques points en moins parce que je n’avais pas assez parlé de mes apprentissages.

Le truc qui me chagrine, c’est cette histoire autour de ma personnalité. Le jury n’est pas au courant de tout ce que la PF m’a dit, juste une partie. Je leur ai aussi parlé du fait que objectivement, ça arrive que le courant ne passe pas entre deux personnes et c’est ce qui s’est produit entre ma PF et moi. J’avais le sentiment qu’elle avait mal interprété ma façon d’être: ma grande motivation et envie d’apprendre a passé pour une impatience incontrôlée, une envie d’aller trop loin trop vite, une « fougue de jeunesse » qui « n’est pas normale à mon âge » (ses propos, on est d’accord ou pas). Mon assurance et ma confiance en moi, qui n’étaient qu’apparentes, ont passé pour de la suffisance, pas une attitude d’apprenante.

Le jury m’a demandé si j’avais réfléchit à pourquoi la PF m’avait perçu d’une certaine façon qui me semblait totalement fausse. Bien sûr que j’y ai réfléchit. Je me suis demandé: qu’est ce que je fais, qu’est ce qui fait que je dégage parfois une image de moi qui est complètement à côté de la plaque? Comment on peut m’interpréter comme ça?

Je sais que je masque mon stress et mon manque de confiance en moi par une attitude sur-confidente. Alors que toute prestation orale me stresse à un mourir, personne ne voit mon stress quand je m’exprime. Les patients trouvent que « on ne dirait pas une stagiaire ». Et pourtant, à l’intérieur de moi, c’est la guerre de 14-18. Mais une personne un peu au courant de la psychologie humaine saura tout de suite repérer dans ma façon d’être ce qui se cache derrière. Beaucoup l’ont fait, ça me décontenance à chaque fois, même si quelque part ça me rassure parce que je me sens moins « obligée » de « jouer » un personnage ou en tout cas parce que je sais que la personne ne va pas me prendre pour ce que je ne suis pas. Certaines personnes apprécient d’ailleurs cette façon d’être. Mais y’a quand même des gens qui n’arrivent pas à voir au delà des apparences.

Un timide en stage, au lieu d’être compris pour ce qu’il est- un timide donc, qui a besoin qu’on le mette en confiance et qu’on l’aide à sortir de sa coquille- risque ainsi de voir son attitude interprétée comme un manque de motivation, manque d’initiative, incapacité à s’intégrer dans une équipe et in fine, inapte à la profession. C’est quand même grave, j’veux dire, pas savoir faire la différence entre un stagiaire qui n’en a  rien à foutre et un autre qui est simplement timide! Surtout que dans ces cas là, l’attitude de l’équipe devient tout le contraire de ce qu’il faudrait pour aider cet élève et ça ne fait que lui faire perdre davantage confiance en lui et se renfermer! Grave, quand même.

Et de l’autre côté, une personne qui a confiance en elle (ou donne cette impression) risque d’ être compris comme une personne qui est suffisante, pas à sa place de stagiaire, trop sûr de lui et qui a besoin d’être redescendu de son nuage. Elle avait compris que j’avais sur-confiance en moi, que du haut de mes  28 ans et de mes « grandes études » j’arrivais là en terrain conquis, que je me croyais tellement forte et supérieure que je voulais tout apprendre et tout faire. Tout faux, à côté de la plaque, complètement. Du coup elle s’est sentie obligée de me rabaisser, de me mettre des bâtons dans les roues, de me mettre en doute, de me « calmer ». C’était trop con, moi j’avais juste envie d’apprendre, j’avais des étoiles dans les yeux, comment est ce qu’on pouvait interpréter ça comme ça?? Moi ça m’échappe, mais apparemment, ça arriverai plus souvent que je ne le soupçonnais.

Car ce qui m’a chagriné c’est que le jury a jugé qu’effectivement je donnais trop cette impression d’assurance, même là par exemple, pendant ma présentation, et que ça pouvait me jouer des tours, que ça pouvait être ressenti comme agressif. Agressif?! Ah ben dites donc. Ca va loin là.  Le jury homme lui, a émit l’hypothèse que c’était peut être lié au genre parce que lui n’avait pas ressenti ça, contrairement au jury femme, même si elle, plus maline que ma PF, a été capable de voir au dela des apparences et ne m’a pas condamnée pour ça.

Vraiment, ça me chagrine cette histoire. J’aime pas l’idée que je puisse renvoyer une image de moi aussi fausse. Je sais que ça dépend des gens, tous ne le perçoivent pas comme ça, en fait c’est plutôt rare, finalement. Mais j’ai pas envie d’être tout le temps rabaissée en stage parce que je donnerai une impression de sur-confiance, quand moi je ne fais que masquer mon manque de confiance en moi et que je veux juste être sympa… et aussi que j’ai très envie d’apprendre! Y’a rien de pire pour une personne qui n’a pas confiance en elle que d’être rabaissée, la preuve c’est que je suis toujours aux prises avec les paroles de l’autre, que ça m’a fait mal, que j’aime pas l’idée qu’on puisse me percevoir comme ça. Le jury m’a dit lui, que je devais faire attention a ça et rester un peu sur la réserve en début de stage, mais que je ne devais pas pour autant changer ma personnalité, surtout pas!  Ca m’a fait sourire vu ce que ma PF m’avait sorti… je l’ai gardé pour moi, je me demande si je n’aurai pas dû leur dire.

Mais bon, je ne peux pas m’empêcher de garder ce truc en travers de la gorge, d’être chagrinée, de douter de moi…

Enfin bon. Au moins c’est terminé. J’espère avoir plus de chance sur les prochains stages et tomber sur des gens qui pourront m’apprécier comme je suis…

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