Message à toutes les petites miettes écrabouillées

« Je ne suis qu’une miette. Insignifiante. Je ressemble à n’importe quelle autre miette. Je me noie dans une tasse de café. On me retrouve au fond toute écrasée.

Je suis La Miette. « 

Nous les miettes, on nous retrouve souvent par terre, oubliées, piétinées, puis balayées. On se désagrège et disparaît aussi vite qu’on est apparues. On fait partie de quelque chose de plus grand mais même les choses les plus grandes s’évanouissent un jour dans les limbes de ce qui fut et qui n’est plus. Un jour, il ne restera plus que l’idée de nous. Un jour, même cette idée ne sera plus. Et alors nous seront vraiment morts.

On est tous des petites miettes, en réalité. Mais certains se prennent pour des grands pieds et nous écrabouillent. Nous réduisent encore à de plus petits morceaux de nous. Nous anéantissent.

Quand on a conscience de n’être qu’une miette, quand on sait que les autres miettes, tout autour de nous, luttent tout comme nous contre les pieds, les balais, ou pire! les aspirateurs, on ne voit pas bien l’intérêt de se prendre pour une plus grande miette qu’une autre. On a plutôt envie de s’aider.

Je dis ça parce que, bon. Je ne comprends pas la méchanceté. Non seulement ça n’a pas de sens, pas même d’un point de vue évolutif, puisque l’homme ne peut survivre qu’avec d’autres hommes. Même la science aujourd’hui le dit. L’altruisme, c’est 100% humain. Lisez par exemple le Dr Thierry Janssen.  On est FAITS pour s’aider. L’humanité c’est supposé être le contraire de la jungle, c’est des gens faibles, sans défense face à la cruauté de la vie, qui se mettent ensemble comme les mousquetaires se sont mis ensemble : un pour tous et tous pour un!

Vison naïve? Idéalisme béat? Ca peut en avoir en l’air. Mais c’est en fait très réfléchit. C’est très sensé, c’est très logique!

Mais ça ne change rien au fait que le monde est peuplé de couillons, qui se prennent pour des grands pieds. Ils oublient qu’ils ne sont en réalité que des miettes et qu’ils ne sont là aujourd’hui et ne seront là demain que grâce à d’autres petites miettes.

Ca ne change rien au fait que la bêtise, c’est aussi 100% humain.

La bêtise c’est ce qui permet à des infirmières qui font un métier tourné vers l’autre à être des anges avec les patients et des chiennes avec leurs pairs. Des fois elle sont des chiennes avec les deux catégories. Allez comprendre.

Je dit tout ça parce que je suis en colère, très très en colère. Contre la méchanceté, l’injustice, la bêtise. Contre l’infirmière qui a tenté de m’abattre et contre toutes celles qui ont tenté et parfois réussi, à abattre mes camarades. C’est toujours les plus sensibles qui en prennent plein la tronche. Et c’est aussi les plus faibles, dans ces situations. Et c’est pas juste. Parce que c’est un métier dans lequel on a besoin de toutes ces sensibilités. Tu es trop timide ou trop gai? Qu’est ce que ça peut faire! On est pas des robots, on a tous notre personnalité, on a tous un regard différent à porter sur les choses et on doit s’enrichir de ça. C’est ce qui nous fait avancer, bordel.  Comme je disais dans une des réponses à un commentaire sur le post précédent: oui quand on veut être soignant, on doit apprendre ce qu’ils appellent « un savoir être ». On ne peut pas juste être soi et s’imposer comme ça aux autres. Il y a des règles. Il nous faut les apprendre et nous ajuster. Il nous faut prendre du recul et travailler sur nous. Mais je trouve que c’est vrai dans tous les domaines de la vie. C’est vrai quand on est une miette au milieu d’autres miettes. Mais qu’est ce qui fait que l’on va être un bon soignant avec tout son savoir être, à notre manière à nous, jamais identique à un autre? C’est notre individualité. On a le droit. On est pas des robots.

Je m’adresse à une miette en particulier, qui se trouve aujourd’hui dans le doute et l’incertitude, il se reconnaîtra peut être. Je t’ai déjà dit ce que j’avais à te dire mais je veux en laisser une trace ici, pour toutes les petites miettes à venir. Si tu es une personne sensible, si tu as le soucis de l’autre, si tu es capable de te remettre en question et de t’améliorer, tu deviendras un bon soignant. Tu apprendras… et tu n’en es qu’aux prémisses. Tu es imparfait et tu le seras toujours, mais c’est ça qui est bien, c’est que tu pourras toujours devenir meilleur! Et tu en es capable. Accroche toi. La profession a besoin de gens comme toi. Pour de vrai.

Une miette.

 

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