Mes débuts (2): c’est dur! Entre courbatures et plénitude…

courbaturesOui, vraiment, c’est un travail dur! Encore aujourd’hui, après un mois, j’ai toujours des courbatures quand je me lève le matin. J’ai aussi mal au dos et à la hanche. Je DOIS m’interdire de faire des mauvais mouvements et je DOIS demander de l’aide pour certaines manutentions. Sinon, je vais être invalide d’ici 3 mois 😛

Car oui, vraiment, le travail d’aide soignant en home est un travail physique. On a pas souvent le temps de se poser le cul sur une chaise, et puis il faut soulever, manutentionner des personnes parfois très lourdes. Mais même avec une personne de 40 kilos, il y a moyen de se faire très mal. Surtout avec les personnes de 40 kilos en fait, parce qu’alors on se dit qu’on a pas besoin d’aide. On se lève et se baisse environ mille fois par jour, on piétine toute la journée ou presque. Mais c’est aussi un travail globalement très exigeant sur le plan psychique. Il faut une patience infinie avec les personnes âgées, souvent atteintes de démences, mais aussi avec les familles, parfois désagréables, parfois exigeantes, parfois pénibles. Cette semaine, l’épouse d’un de nos résidents à même poussé une de mes collègues aux larmes. Elle n’est ni la première ni la dernière, hélas… Et puis il y a les éventuelles tensions dans l’équipe aussi. Ou avec la direction. Il y a ces jours où tout va mal: on se fait secouer par des résidents, on se fait engueuler par la direction, on reçoit des reproches de collègues, on doit encaisser la mauvaise humeur de certains… bref, il y a des jours avec et des jours sans, des jours géniaux et des jours pénibles. Très très pénibles. Parce que c’est un métier basé sur les relations humaines, à tous les niveaux. On s’occupe de personnes, et on le fait en équipe. Des fois, je ne sais pas ce qui est le plus difficile d’ailleurs: la relation avec les patients ou celle avec les collègues 😉

Moi qui suis sur le plan émotionnel l’équivalent d’une montagne russe (pas beaucoup de plats chez moi 😉 ) je peux vous dire que en un mois, je suis passée par toutes les émotions! Comme je vous l’ai dit dans le dernier article, les premières larmes sont arrivées avec l’épuisement physique et psychique, et le doute qui l’ a accompagnée. Suis-je faite pour ça? Est ce que je serai jamais capable de m’adapter aux exigences du métier d’infirmière? Pourquoi est-ce que je trouve ça si dur, pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me faire au rythme, pourquoi je suis si fatiguée, pourquoi l’idée d’aller au boulot le lendemain me donne envie de me pendre?? Ca ne peut pas être bon signe.

Heureusement, ça n’a pas duré sur cette lancée. D’abord, une fois le problème de sommeil en bonne partie réglé, j’ai pu davantage profiter du stage. Le plus dur était de toute façon passé. Le plus dur, c’était de débarquer comme ça comme un cheveu sur la soupe dans une équipe qui se connait, qui a un fonctionnement et une dynamique à elle, c’était d’apprendre à connaître les résidents et comment on doit s’y prendre avec chacun d’eux, c’était de trouver ma place au milieu de tout ça, avec mon statut ambigü de stagiaire mais qui travaille quand même à la place d’un aide soignant, c’était de comprendre l’organisation de l’étage, c’était de prendre confiance en moi et dans mes gestes, c’était tout ça et plus encore.

Aujourd’hui, je trouve toujours que c’est un travail très dur, très exigeant, et je suis toujours fatiguée à la fin de ma journée, je suis toujours une larve pendant mes jours de repos, mais je suis à 200% quand je suis au travail. Aujourd’hui, je connais à peu près ma place, qui peut d’ailleurs varier en fonction de l’équipe du jour. Je connais mes résidents, je connais mon rôle, j’ai compris l’organisation, je suis plus assurée dans mes gestes et attitudes. Je ne dis pas que je n’ai plus rien à apprendre et que je suis une pro, mais j’ai déjà beaucoup évolué, et ça change tout! Je me sens désormais vraiment à l’aise à mon travail, et je sens que mes collègues me font confiance. Je m’implique énormément dans ce que je fais, mon travail est de prendre soin et je le fais avec beaucoup de plaisir, même si c’est pas tous les jours facile.

Depuis quelques jours, je me sentais merveilleusement bien et j’allais au travail avec entrain. J’ai travaillé ce weekend et on avait une équipe super, l’ambiance était pour moi au top et je me sentais une pair, je me sentais reconnue dans mon travail, je sentais que j’avais désormais une place et que mes collègues m’avaient accordé leur confiance.  J’ai reçu compliments de mon ICUS (infirmier chef d’unité de soin), de résidents et de familles. Ce weekend, j’étais proche de la plénitude 🙂

Mon ICUS m’a dit que j’avais sans aucun doute trouvé ma voie. Que vouloir de plus? Je ne rêve plus que d’avancer encore et encore, je suis encore plus impatiente de commencer mon « vrai » stage avec l’école en soin infirmiers, en oncologie ambulatoire. Je suis encore plus impatiente de reprendre les cours, il me tarde la rentrée prochaine, il me tarde d’entrer enfin en bachelor!

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2 commentaires

  1. Et bien bravo à toi, d’avoir réussi à surmonter la grippe, la fatigue et le découragement, lol.

    En peu de temps, tu as déjà pu cerner quelles pouvaient être les difficultés du milieu, mais tu me sembles douée, tu vaincras, lol !

    Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour trouver sa voie

    • Je suis venue, j’ai vu, j’ai vaincu! 😀

      Bon, je surmonte les difficultés parce que je n’ai pas d’autre choix, faut dire. Je les surmonte aussi parce que je trouve autre chose qui me donne du courage et de la joie à venir travailler: mes résidents 🙂

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