Semaine 40 – Entre bonheur et angoisse

Comme d’hab, j’avais oublié de vous mettre le planning de la semaine! Le voici donc. Bon, je vous avais déjà parlé de ce jour merveilleux où j’ai reçu ma blouse et où j’ai eu mon premier atelier pratique 😉 Aujourd’hui j’aimerai bien vous parler d’autre chose, un truc que j’ai pas encore osé dire ici, un truc que je pensais suffisamment temporaire et suffisamment pathétique pour ne pas avoir à un parler ici. Mais bon, si je veux être honnête avec vous, je dois bien vous dévoiler aussi un peu de mes mauvais côtés/problèmes/côté sombre, sinon je vais même plus paraître humaine 😛

Alors voilà un bout de moi, moins rigolo et léger  que d’habitude… (attention, sortez vos mouchoirs^^)

En cours de  communication ce vendredi, on a beaucoup parlé des émotions, de ces histoires d’attachement secure ou insecure, selon les modèles qu’on a connu dans son enfance et puis les expériences. Dans ce cours, j’ai particulièrement aimé quand on a discuté  de comment amener un patient à exprimer ce qu’il ressent et identifier son émotion « initiale » pour ensuite mieux l’aider et pour adapter son attitude en tant que soignant. Mais certaines choses aussi m’ont quelque peu remuées. Quand on parle d’aider les patients dans leurs problématiques et qu’on se retrouve dans les problèmes mentionnés, ben ça craint un peu quoi. Alors, non pas que j’ai découvert mes problèmes psychologiques pendant ce cours, parce que en tant que mordue de l’introspection et de l’auto-analyse je crois que je me connais assez bien. Ouai, ça fait trop la fille qui aime se regarder 😛 Ben c’est un peu ça, sauf que je ne me regarde pas du dedans pour m’amuser ou me dire à quel point je suis géniale, mais plutôt le contraire. J’ai une claire tendance borderline. J’ai des émotions undefinedfortes et difficiles à contrôler. Je suis « insecure ». Je suis persuadée depuis longtemps que je ne peux compter sur personne d’autre que moi et depuis toujours, je suis mon propre docteur, mon propre ami, mon pire ennemi aussi. (Non je ne suis pas skizo par contre, désolée, ça aurait été marrant  » Marie-jeanne, étudiante infirmière et schizo, je veux travailler en psychiatrie, bonsoir« ) . Enfin bref. Mais surtout, et ça découle sans doute un peu du reste, je suis une angoissée chronique.

Etre angoissée, c’est ma nature, c’est mon état normal, chez moi y’a pas de niveau zéro. C’est lié à plein de trucs différents, à mon passé, mes expériences, mes parents. C’est lié aussi à ma personnalité, je suis perfectionniste et stakhanoviste, aussi, comme si le reste suffisait pas. J’ai un besoin de contrôle. Et croyez moi c’est usant. Parait que ça fait bien de dire ça comme défauts à un entretien d’embauche parce que « c’est pas des vrais défauts »… mouai. Ben si un jour je suis votre patronne, abstenez vous 😉 Les perfectionnistes maniaco-angoissés ça prend plus de jours de congés que les autres, héhé^^

Mais ça va, ça se gère, chacun sa norme aussi quoi. Sauf que parfois, en période de stress, ou de mal être, ça m’envahit, ça sort de mon intérieur, ça devient gros, et ça fait peur… J’ai des sortes de « crises d’angoisses », mais c’est complètement incontrôlé, je veux dire, je me sens bien, tout va bien, je suis heureuse: pourquoi ça m’arrive?? Comment je peux agir sur ça si je vais bien moi?  C’est la première fois qu’un truc pareil m’arrive. Je veux dire, c’est pas la première fois, mais d’habitude, j’arrive à gérer, même si je peux rester angoissée un moment, sur le plan somatique ça se calme vite. Oui parce que, l’angoisse, quand elle est forte, elle se cantonne pas à la tête. Nonon, elle sort, elle se promène, elle se montre quoi. Et voilà des semaines que je suis horriblement insomniaque, à un point que même les somnifères sont pas assez puissants! J’ai de la tachycardie, du mal a respirer, une sensation d’oppression, j’ai l’impression de dormir avec des briques sur le bide quoi! Et c’est surtout la nuit mais pas que. Et puis je sursaute à tous les bruits, je suis photosensible… Au bout du compte: j’en peux plus.

Alors je fais ce que je sais faire de mieux: m’instrospecter. Pi à force de fouiller, j’ai fini par trouver ce qui était latent et que savais mais sans vraiment vouloir y penser: j’ai peur. J’ai peur qu’on me dise que je ne peux pas être infirmière. J’ai peur de ne pas valider cette année. Depuis la rentrée je suis stressée à en mourir, et je me disais « c’est à cause des aspects matériels, c’est l’endettement, c’est les papiers, c’est la réorientation, c’est le sentiment que je n’ai plus le droit à l’échec, que je ne peux pas m’être trompée de voie« . Alors oui, c’est ça aussi. C’est sans doute la source de mon angoisse, de mon obsession du travail, cette idée que je ne peux pas me rater, je ne peux pas me tromper. Je ne peux pas foutre 14000 balles (et plus en fait) en l’air, non plus. Et puis cette angoisse, me provoquant ce qu’elle me provoque, entraîne une nouvelle peur: celle de ne pas être à la hauteur, celle d’être jugée, celle d’être trop « cassée » pour être infirmière. La pire peur de toute, c’est qu’on me dise que je ne peux pas faire infirmière.

Et je me suis enfermée dans un cercle vicieux, malgré moi, la fatigue aidant. Parfois je suis si nerveusement épuisée que j’ai l’impression que si ça continue un jour de plus je vais mourir. Et une angoisse de plus: la peur d’être malade, et la peur de mourir. La peur quand je me couche de ne pas m’endormir, et quand je prend un somnifère de ne pas me réveiller. La peur de TOUT.

J’ai beau avoir identifié la cause, le cercle vicieux, les émotions et les traumatismes du passé en jeu, je ne suis pas assez forte, cette fois, je n’arrive pas à me reprendre. Ce qui me tue, c’est que malgré tout ça, je vais bien, je suis heureuse, je me sens capable, je me sens confiante dans mon choix: comment puis-je penser cela et être quand même angoissée?? Comment agir sur un truc qui m’échappe??

Aller voir un psy? Raaaah les psy.

Bref. On verra bien comment ça évolue, en attendant de revoir le médecin je fais ce que je peux: j’essaie de travailler sur moi, de me détendre, j’ai changé mon régime alimentaire, je prend des compléments vitaminiques et magnesium, je me couche à heures régulières, je prend un somnifère quand la veille j’ai passé une mauvaise nuit pour pas trop cumuler (conseil du médecin), je prends des cachets de plantes sensés aider pour l’anxiété (Valériane… et d’autres trucs), et un médicament pour mon pseudo-asthme (qui marche pas). Si vous avez d’autres conseils, si mon cas vous fait pitié, allez y, balancez ! 😉

 

 

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