Hygiène hospitalière et PCI (cours)

Bases en microbiologie et prévention des infections associées aux soins (PCI).

Introduction

Problème de la transmission des organismes pathogènes pendant un séjour à l’hôpital : les maladies nocosomiales[1]  qui peuvent être mortelles. Certains micro organismes  mutent très facilement (virus de la grippe, SIDA…) et deviennent difficile à enrayer, d’où des risques de pandémies.  Risques dûs aussi aux insectes (voyage) comme par exemple le chikungunya [2] . Ces infections provoquent des dégâts sur le plan de la santé mais ont aussi des impacts économiques.

L’Hygiène et PCI[3] est une discipline à part entière en médecine. Il y a ainsi des règles pour éviter ces risques. Les bactéries nous entourent, elles sont partout en nous et autour de nous.

L’Hygiène n’est pas une science nouvelle, elle est très ancienne. Civilisations qui mettaient l’hygiène du corps très en avant, parce que de manière empirique ils avaient observé et compris qu’en mettant une personne saine et une personne malade côte à côte, souvent la personne saine tombait malade.

Hygiène vient de la déesse de la santé en Grèce antique : Hygie.

Le développement de l’hygiène dans l’histoire de l’humanité est lié aux transformations des structures sociales. L’influence des croyances, des religions et des courants philosophiques et politiques sur l’hygiène moyenne des populations est indiscutable.

Aujourd’hui, les percées technologiques du XXème siècle font que à la fois les professionnels ont des moyens fantastiques à leur disposition, mais aussi à faire face à des déséquilibres importants biologiques et écologiques dus à ces mêmes avancées technologiques. Plus que jamais, l’hygiène apparait comme une arme efficace à la fois curative et surtout préventive (antibiotiques inefficaces, séropositivité…). Voir : Léon Bernard : « l’hygiène est une science d’action ».

 

Quelques découvertes importantes pour la lutte contre la transmission des infections

1846  Autriche, Semmelweis, les fièvres puerpérales et leur transmission manuportée : lavage des mains obligatoire entre deux patientes.

1850 Lister, les bases de l’antiseptise pour les interventions chirurgicales.

Fin du XIXème siècle Pasteur (ci contre), les mécanismes de la transmission des maladies infectieuses. En 1865, il découvre l’existence de micro organismes vivants et leur nature pathogène : ses découvertes vont bouleverser le monde.

1889 Le premier autoclave : Emile Roux, début de la chirurgie moderne. Edouard Quenu : port de gants stériles.

1903 Premier vaccin anti tuberculeux

1928 Alexandre Flemming, la pénicilline

1935 Les sulfamides

Les antibiotiques guérissent de tout, du moins le croit-on…les règles d’hygiène se relâchent, et les infections hospitalières reviennent, engendrant des souffrances et des coûts sociaux et économiques de plus en plus conséquents.

1972 Le conseil de l’Europe invite les gouvernements à rendre obligatoire un certain nombre de principes concernant la surveillance des infections et la transmission des micro organismes.

Création des postes d’infirmières, ers, hygiénistes dans les établissements publics.

Depuis 2007

Le signalement des infections nosocomiales et l’information aux patients en matière d’infections nosocomiales deviennent obligatoires. L’hygiène est un moyen de lutte contre l’infection, chaque professionnel de la santé doit être acteur dans cette lutte. En 2010, l’infectiologie prend une dimension mondiale, l’hygiène devient le moyen de lutte contre la transmission infectieuse au sens large, pour éviter des pandémies. 75% des infections acquises à l’hôpital pourraient être évitées en observant les principes d’hygiène.

Alors ? Les professionnels de santé travaillent mal? Non ! Mais la vigilance baisse, l’habitude est notre grande ennemie. Les soins infirmiers ont un rôle de rappel, d’information, de motivation, d’éducation.

L’urgence ne doit pas être un prétexte à oublier les règles fondamentales de l’hygiène hospitalière. Les gestes sont plus rapides, mais coordonnés, réfléchis, précis, selon un protocole préalablement établi, ils ne font pas perdre de temps, ils en font gagner, car ils s’opposent à la panique et à l’énervement. Les fautes d’hygiène sont le résultat de comportements inadéquats face aux pressions de toutes sortes émanant des patients, des médecins, de l’administration, de la gestion, sans compter les réunions de travail, les formations continues…. Mais « cet autre dans ce lit, demain c’est moi peut être! »

 

Définitions

Hygiène : ensemble des principes et des pratiques tendant à préserver, améliorer la santé, Petit Robert. Préoccupation actuelle : influence de l’environnement sur l’hygiène.

Hygiène hospitalière : mettre en évidence l’influence de l’homme sur le milieu et du milieu sur l’homme. Les acteurs principaux à l’hôpital. les patients, les soignants et les visiteurs dans un contexte particulier : l’hôpital, beaucoup d’interactions et d’intervenants, mais aussi des techniques invasives avec du matériel jetable la plupart du temps, mais dont le circuit propre – sale doit être rigoureusement contrôlé.

Le contexte des soins :  un milieu où se croisent des individus en santé et d’autres potentiellement ou réellement infectés.

L’hygiène hospitalière est un ensemble de comportements dans toutes les disciplines d’un hôpital. Tous les moyens sont mis en oeuvre pour empêcher la propagation des germes ou infection croisée. Cet objectif justifie des réflexions, des recherches, des enquêtes, des analyses méthodiques, des décisions et des mesures impératives qui doivent être respectées de tous les intervenants.

Les mesures prises portent sur des comportements, mais aussi des produits utilisés pour la détergence, la décontamination, la désinfection, l’antisepsie, les méthodes de stérilisation et les codes d’utilisation du matériel stérile.

Impacts sur le rôle : respecter les protocoles et connaître le sens. Connaitre les produits et leur mode d’action, leurs indications et contre indications.

 

La chaîne infectante

La conjonction de 3 paramètres :

  • le contexte : l’hôpital, l’architecture, les circuits, les techniques, examens et soins.
  • les acteurs : les hospitalisés, le personnel médical et para médical, le personnel d’entretien, les visiteurs, la famille.
  • les micro organismes hospitaliers : résistants en regard d’une utilisation de longue date des antibiotiques, virulents de par la circulation interne entre patients en état de moindre résistance.

Comment se contracte une infection :

Agent infectieux: germes, champignons / levures, virus , bactéries. Ces germes ont des capacités d’adaptation incroyables.

Réservoir: endroit où on les trouve, ça peut être un porteur sain. Les germes préfèrent les endroits chauds,  humides et nutritifs: peau, muqueuses, surtout les narines. Sphère anale et génitale.

Porte de sortie: moyen que va utiliser les colonies dans le réservoir pour un sortir

Mode de transmission: contact, air, gouttelettes…

Porte d’entrée vers un  nouvel hôte

Hôte : porteur du germe. Peut être un porteur sain.

 

Modes de transmission des micro-organismes

Le contact

  •  Direct : la main récolte et transmet.
  •  Indirect : par le biais de matériel, objet, mobilier contaminé…
  • La poussière transporte des colonies de germes (1 gramme = 1 million et demi de bactéries) à Importance du nettoyage, du travail des femmes de ménage.

Les gouttelettes

Par projection de gouttelettes générées par la toux, la conversation, les aspirations bronchiques. Ces particules peuvent générer une infection lorsqu’elles atteignent les muqueuses (yeux, bouche, nez, gorge) d’une autre personne. Dans un rayon de 2 mètres. Peuvent se déposer sur des surfaces ou du mobilier et donc dans un second temps être transmises par contact indirect

L’aérosol

Transmission par des particules plus petites que les gouttelettes et générées par la toux, la conversation, les aspirations bronchiques, les bronchoscopies. Plus légères que les gouttelettes, elles peuvent rester en suspension dans l’air quelques heures et donc être transportées à distance pour infecter d’autres personnes, sans réel contact avec la source. Limité à un certain nombre de maladies : tuberculose, varicelle, rougeole, pour les plus connues

Les portes d’entrée des germes

 

 

Les micro- organismes

Ils appartiennent à la flore hospitalière : les patients, le personnel, l’environnement, les sols, le mobilier, le linge, les adductions d’eau, les circuits de climatisation.

Les  saprophytes.

Les « bons » micro-organismes. Un organisme est dit saprophyte s’il est capable de se nourrir de matière organique non-vivante par l’intermédiaire d’une membrane, suite à une réaction enzymatique libérant les nutriments présents dans la matière à ingérer. Les micro-organismes saprophytes vivent dans l’eau, l’air ou le sol sans dépendre d’un autre être vivant. Ils se nourrissent de matières organiques en décomposition qu’ils transforment en matière minérale.

La plupart des bactéries saprophytes sont inoffensives pour l’Homme. Leur action principale est le recyclage de la matière (surtout végétale) qui participe au maintien de l’équilibre biologique dans la nature. Certaines sont cependant pathogènes, par exemple Clostridium tetani, responsable du tétanos. Autre exemple, les Aspergillus sont des champignons filamenteux saprophytes du sol, qui peuvent être inhalés (spores) et se développer dans les poumons, voire se diffuser dans d’autres tissus de l’organisme, pour donner la maladie appelée aspergillose. De nombreux champignons se développent selon un mode de nutrition saprophyte, et croissent sur des arbres ou des feuilles mortes. Ils participent ainsi à la formation de l’humus. (Source : Wikipédia)

Les pathogènes.

Les « mauvais ».  Le terme pathogène (du grec  παθογ νεια = naissance de la douleur ) signifie « qui entraîne une maladie ». Les germes pathogènes ou les bactéries pathogènes sont responsables de maladies. Le pouvoir pathogène d’un micro-organisme est donc sa capacité à provoquer des troubles chez un hôte. Il dépend de son pouvoir invasif (capacité à se répandre dans les tissus et à y établir un/des foyers infectieux), et de son pouvoir toxicogène (capacité à produire des toxines).   Source : techno-sciences.net

La bactérie

Unicellulaire à membrane rigide. Sans noyau différencié dont la taille est supérieure à 0,5 micron. Elles possèdent une grande faculté à la multiplication rapide => nous disons colonisation. Elles utilisent la mitose pour se reproduire, en une demie heure on a des milliards de sujets sur une personne.

Le milieu qu’elles préfèrent : humide, tempéré et nutritif (glucose). La bactérie est aérobie (qui a besoin d’oxygène pour vivre ou fonctionner) ou anaérobie.  Elle peut être de forme sphérique (cocci), allongée (bacille), spiralée (spirelle)…

Les spores

En biologie, une spore est une cellule ou un organe (pluricellulaire) de multiplication  végétative ou de reproduction. Elle constitue une des étapes du cycle de vie de nombreuses plantes, algues, fungi, voire de certains protozoaires. Les spores peuvent donner naissance à un nouvel individu sans fécondation. Certaines spores, notamment celles de bactéries ou de champignons, présentent des caractéristiques remarquables de résistance : elles peuvent survivre pendant de longues périodes, même dans des conditions défavorables, et permettre ainsi la dispersion de l’espèce, parfois à une grande distance de son point d’origine, ou longtemps après la disparition du « parent ».

Les virus

Entité biologique nécessitant un hôte dont il utilise les constituants pour se multiplier. Un virus se caractérise par son incapacité à se multiplier par division. Il a besoin pour cela d’infecter une cellule hôte pour utiliser sa machinerie : un virus est un parasite intracellulaire obligatoire. On le considère de plus en plus comme faisant partie des acaryotes[4]

Les champignons

Organismes vivants possédant un noyau cellulaire typique. Dépourvus de chlorophylle, ils vivent aux dépens de matières organiques (soit saprophytes sur matériaux inertes, soit parasites de l’homme, des animaux ou des plantes). Ils se nourrissent par absorption à travers leur paroi cellulaire.

Certains sont microscopiques (micromycètes : levures, moisissures, etc.), d’autres possèdent des carpophores, qui sont les « champignons » au sens courant du terme, les macromycètes. Certains champignons sont utiles et d’autres nuisibles. Parfois des champignons utiles peuvent devenir nusibibles en cas deséquilibre de la flore (intestinale, vaginale…).

Les prions

Un prion est un type d’agent pathogène de nature protéique (constitué d’une protéine ayant adopté une conformation ou un repliement anormal) qui au contraire des agents infectieux conventionnels tels que les virus, les bactéries ou encore les parasites, est exempt d’acide nucléique (ADN et ARN) comme support de l’information infectieuse.

On distingue les prions de mammifères qui infectent l’homme et différentes espèces animales, des prions retrouvés chez les champignons comme chez Saccharomyces cerevisiae (levure de boulanger). Les prions de mammifères sont les agents causals responsables des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) ou maladies à prion. Parmi les EST les plus connues, on peut citer chez l’homme, les différentes formes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Les parasites

Certains organismes vivent au dépend d’autres organismes. On dit qu’ils sont des parasites. Par exemple, le pou est un parasite de l’homme puisqu’il se nourrit de son sang.

 

L’examen direct : orientation

Boites de pétri : boîte cylindrique transparente peu profonde, en verre ou en plastique, munie d’un couvercle. Facilement manipulable, empilable et peu coûteuse, elle est utilisée en microbiologie pour la mise en culture de micro-organismes, de bactéries ou de cellules d’organismes supérieurs (par exemple la culture d’hybridome). La plupart du temps, elle est partiellement remplie d’un liquide nutritionnel (gélose ou bouillon) permettant le développement du micro-organisme étudié. Son nom vient du bactériologiste allemand Julius Richard Petri (1852-1921), qui inventa ce dispositif vers 1887. Source : Wikipédia

 

Coloration de gram : La coloration de Gram doit son nom au bactériologiste danois Hans Christian Gram qui mit au point le protocole en 1884. C’est une coloration qui permet de mettre en évidence les propriétés de la paroi bactérienne, et d’utiliser ces propriétés pour les distinguer et les classifier. Son avantage est de donner une information rapide sur les bactéries présentes dans un produit ou un milieu tant sur le type que sur la forme. (Source : Wikipédia) Les bacilles dits  »gram positifs » sont les bacilles répondant  positivement au test de gram.  Le test de gram vise à déterminer la nature des bactéries en cause et non la gravité de l’infection. Une infection par un bacille gram positif n’est ni plus grave ni moins grave qu’une infection par des bacilles gram négatifs. Le test de gram permet d’ajuster les traitements antibiotiques. (source : medsource.f)

L’antibiogramme : technique de laboratoire visant à tester la sensibilité d’une souche bactérienne vis-à-vis d’un ou plusieurs antibiotiques supposés ou connus. Le principe consiste à placer la culture de bactéries en présence du ou des antibiotiques et à observer les conséquences sur le développement et la survie de celle-ci. On peut par exemple placer plusieurs pastilles imbibées d’antibiotiques sur une souche bactérienne déposée dans une boîte de Petri. Il existe trois types d’interprétation selon le diamètre du cercle qui entoure le disque d’antibiotique : souche ou bactérie sensible, intermédiaire ou résistante.

 

 

Moyens de lutte

PCI : Prévention et Contrôle des Infections –>  Une dimension prévention et une dimension contrôle. Deux domaines d’action:  les précautions standard et les mesures additionnelles

 

Précautions standard

Toutes les mesures, protocoles et règlement concernant l’hygiène qui ont pour but d’éviter la transmission d’infections potentielles. Elles s’adressent à toutes les personnes dans le contexte concerné. Ces mesures sont avant tout préventives.

Mesures additionnelles

Toutes les mesures, protocoles et règlement concernant l’hygiène qui tendent à éviter ou limiter, contrôler la transmission d’infections connues et reconnues existantes, dont les hôtes ou les micro organismes sont identifiables. Elles s’appliquent à des patients colonisés et/ou infectés par des microorganismes transmissibles et visent à éviter leur transmission

Elles doivent être également appliquées lors de suspicion d’infections dans l’attente d’un diagnostic. Elles sont adaptés aux agents infectieux, aux maladies et à leur mode de transmission, à leur présentation clinique, à la compliance du patient ainsi qu’aux lieux de soins et peuvent s’ajouter les unes aux autres selon le contexte. Elles sont appliquées sur ordre médical (levées aussi) et font l’objet d’une information systématique, orale et/ou écrite aux personnes concernées.

Surveillance de l’environnement

Surveillance/contrôle de l’eau : prélèvements, assainissement, filtres..etc.

Surveillance contrôle de l’air : prélèvements de particules, filtres, climatisation…pression négative et pression positive, température..etc.

Surveillance/contrôle des structures architecturales internes (vu plus loin) et externes : élimination des fientes d’oiseaux sur les ouvertures, dératisation, traitement des nids d’insectes…etc.

Entretien des canalisations, sous sols et entrepôts de matériel.

Études de prévalences et statistiques.

Prélèvements réguliers et systématiques à tous les maillons de la chaîne.

 

Les antiseptiques

L’infirmier-ère connait l’emploi des antiseptiques : « substances antibactériennes non spécifiques agissant globalement et rapidement sur les bactéries, les virus, les champignons et les spores. Elles s’appliquent en milieu vivant. On les dira bactéricide, fongicide, virucide, sporicide ».

L’antiseptique agit de manière brutale, peu spécifique d’un germe ou d’une famille de germes donnés. Son action dépend de sa concentration. Il agit rapidement, en quelques minutes, à température ambiante. L’antibiotique a une action sélective sur les germes. Il agit lentement, en quelques heures. Les antibiotiques admissibles par voie générale sont actifs à 37°.

Effets secondaires et toxicité :

  • symptômes généraux
  • symptômes cutanés

Ce que doit connaitre le professionnel : la composition, les différentes formes galéniques et leurs indications, leur mode de conservation,les effets attendus et les effets secondaires, les effets indésirables, la conduite à tenir en cas de complications dues à des antiseptiques.

Les principaux antiseptiques :  chlorexidine, alcool éthylique ou éthanol.

La chlorexidine

  • Hibidil : chorexidine pour les muqueuses.
  • Hibiscrub : chlorexidine pour la peau.

On trouve dans le commerce spécialisé les solutions aqueuses, alcooliques, moussantes, ophtalmiques, auriculaires, collutoires, bains de bouches : toutes sont des préparations à base de chlorexidine, mais avec des solvants des concentrations adaptées au milieu concerné.

L’alcool 

Il est souvent utilisé comme solvant d’autres antiseptiques, mais il est aussi utilisé en solution aqueuse (grande dilution), ou pur aux concentrations citées. Son avantage : non coloré, s’évapore rapidement, efficace rapidement.

Les oxydants

Principalement l’iode et le chlore (eau de javel). Ce sont des antimicrobiens et antiviraux très efficaces.

  • Dakin (chlore),
  • Alcool iodé (alcool et oxydant à différentes concentrations),
  • Eau oxygénée : elle réagit avec les protéines (bactéries), elle a la propriété de changer l’environnement qui devient ainsi impropre à la croissance des microorganismes notamment des anaérobies stricts.

Autres 

L’hexamidine, bactéricide et surtout anti fongicide, particulièrement le candida albicans : champignon fréquent de la muqueuse vaginale. Très efficace sur le staphylocoque : bactérie responsable de la plupart des furoncles.

Ce qu’il faut savoir :

On ne mélange jamais les antiseptiques entre eux

Ce ne sont pas des agents stérilisants, ils réduisent quantitativement et qualitativement les microbes présents

Le choix d’un antiseptique est fondé sur une connaissance des germes et des produits

La réduction ou la destruction des microbes ne dure qu’un certain temps, ce qui rythme la fréquence de leur application

Conservation : attention à la lumière et la température

Les désinfectants

Définition : produit capable d’éliminer, de tuer, par action directe, les micro organismes indésirables ou d’inactiver les virus lorsqu’ils sont portés par des milieux ou des surfaces inertes. Le désinfectant est utilisé pour désinfecter les sols, les surfaces, le matériel ainsi que l’air ambiant.

On trouve principalement :

  • les chlores : eau de javel
  • les alcools : éthylique
  • les biguanides : chlorexidine toujours, surtout utilisé sur du matériel en contact avec les muqueuses comme les lentilles oculaires.
  • A noter, une certaine toxicité de ces produits, d’où la nécessité d’employer des gants, des masques, des lunettes etc… pour l’auto protection.

La notion de rémanence : un désinfectant se dit rémanent lorsque son activité se prolonge plusieurs heures après son application.

Le choix des désinfectants pour une institution est du ressort du service d’hygiène : infirmière spécialisée, médecin et pharmacien.

Les détergents

Les détergents sont utilisés dans le nettoyage des surfaces et des sols dans un hôpital, avant l’emploi des désinfectants. Ils permettent d’éliminer les particules et les salissures : on ne peut désinfecter que des surfaces propres. L’opération de nettoyage est une phase importante de la lutte contre les infections : les germes sont soulevés avec la poussière, on dit qu’ils sédimentent sur les surfaces : murs, sols, mobilier, notamment les poignées de portes et les téléphones. On trouve aujourd’hui dans l’industrie spécialisée des produits : désinfectants et détergents combinés pour une utilisation facilitée. Le choix des produits utilisés est du ressort du service d’hygiène, mais l’infirmière doit en connaitre l’importance et superviser le respect des procédures.

 

Ménage

Les protocoles de nettoyage sont codifiés : concentration des produits, eau chaude ou froide, matériel style panosses, chariots avec produit et eau de rinçage, les opérations de balayage et de lavage se font dans un ordre établi, le matériel avant et après l’utilisation suit la logique de circulation propre sale. Régulièrement l’efficacité du nettoyage est vérifiée par des prélèvements de surfaces.

Le rôle du professionnel :

  • Respecter et faire respecter le travail de l’agent de service
  • Ne pas marcher sur un sol mouillé (rémanence)
  • Se tenir au courant des produits utilisés dans l’institution
  • Connaître les secteurs et leur degré de risque infectieux
  • Assurer la formation des nouveaux collaborateurs en la matière (orienter, signaler)

 

Les règles absolues en matière de détergence et désinfection

Un nettoyage est efficace si 4 paramètres sont respectés

  • action physico chimique entre le produit et la salissure
  • actions mécaniques par brossage et frottement
  • température préconisée par le fabricant
  • 4-durée de contact nécessaire pour l’action du produit

 

La désinfection terminale

La désinfection terminale d’un local est nécessaire lorsqu’il y a un risque de contamination par contact avec des surfaces potentiellement infectées. Pour prendre la décision, il est donc nécessaire de connaitre les germes et leur mode de transmission, ainsi que de savoir et connaitre le degré de risque du local.

La désinfection sera décidée si la réponse est oui à l’une des questions suivantes :

  • La personne qui part est-elle infectée ?
  • La personne qui occupe ou occupera le local est-il à protéger du risque ?
  • Les micro organismes présents offrent-ils un risque ?

En conclusion, la désinfection terminale fait l’objet d’un questionnement en face de chaque situation, en aucun cas, elle ne doit constituer un rituel. En effet, il est reconnu (recherches) que les germes s’habitue aux produits, il faut donc cibler leur utilisation au maximum pour leur garantir une plus grande durée d’efficacité.

Recommandations pour les professionnels de la santé

Hygiène personnelle soignée

Tenue professionnelle adaptée au lieu d’exercice

Protection adaptée pendant les gestes potentiellement salissants ou mouillants : toilettes, repas, trempage du matériel par exemple, ou bien lors de soins à une personne connue ou potentiellement infectée.

Port de gants, de masques, de bonnets, de tabliers, de sur blouse, lorsque la situation l’exige

Le respect des protocoles de lavage et désinfection des mains selon le lieu d’exercice et le degré de risque infectieux.

Le respect du circuit propre sale dans chaque geste de la journée

Des mains à la peau intacte et bien soignée

 

Bibliographie

Littérature

Hygiène, Nouveaux cahiers de l’infirmière, S. Girot, H. Gomila, M. Le Heurt, I. Pividori, Masson, Paris, 2007.

Les infections nosocomiales, D. Stingre, X. Verdeil, 2ème édition, Les Etudes Hospitalières, Bordeaux, 2004

Guide de prévention des infections, C. Layaz, V. Rossellat, édition Genève-Vésenaz,.

L’infirmière et les infections nosocomiales, G. Champault, S. Sordelet, Masson, Paris1998.

Guide pratique de l’antisepsie et de la désinfection, J. Fleurette, J. freney, M.E. Reverdy, F. Tissot Guerraz, Editions ESKA, 1997.

Articles spécialisés

Recensement, surveillance et contrôle des infections dues au staphylocoque doré résistant à la méticilline (« MRSA ») : la déclaration doit-elle être rendue obligatoire?, Swiss noso, Volume 13, Numéro 1, 2007.

Staphylocoques dorés résistants à la méticilline : situation et enjeux, Swiss Noso, Volume 2, Numéro 4, Décembre 1995

Autres

Recommandations destinées aux médecins du canton de Genève, mise à jour Juillet 2004, Staphylocoques dorés communautaires résistants à la méticilline (CA-MRSA)

Brochure « Les mesures Additionnelles aux précautions standard», Guide Romand pour la prévention des infections liées aux soins, collaboration intercanto

 

Notes


[1] Infection nocosomiale : infection contractée dans un établissement de santé. Le terme nosocomial vient du grec nosos, maladie et de komein soigner, qui forment le mot nosokomeion, hôpital. Une infection est dite nosocomiale, si elle est absente lors de l’admission du patient à l’hôpital et qu’elle se développe 48 heures au moins après l’admission. Ce délai permet de distinguer une infection d’acquisition communautaire d’une infection nosocomiale. Le délai de 48 h s’allonge jusqu’à 30 jours dans le cas d’infections de site opératoire, et jusqu’à un an s’il y a mise en place de matériel prothétique. Autrement dit, toute infection survenant sur une cicatrice chirurgicale dans l’année suivant l’opération, même si le patient est sorti de l’hôpital, peut être considérée comme nosocomiale. Source : Wikipédia  http://fr.wikipedia.org/wiki/Infection_nosocomiale

[2] Sur le chikungunya, voir Thoracotomie : http://thoracotomie.com/2012/08/17/chikungunya/

[3] PCI : Prévention et contrôle de l’infection ou HH : Hygiène hospitalière

[4] Acaryote : terme utilisé en biologie pour désigner les organismes dépourvus de noyaux, d’organites et de métabolisme. Ils possèdent cependant une information génétique, sous forme d’ADN ou ARN et des transcriptases inverse permettant de parasiter une cellule. (Dans le cas d’un virus) Source Wikipédia

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