Infirmière, une vocation?

En parcourant les différents forums et blogs sur la profession et les études d’infirmière, cette question est souvent apparue. Dans l’imaginaire collectif, la réponse à cette question est plutôt oui, tandis que dans le milieu on rencontre plutôt des gens qui pensent le contraire. Mon avis la dessus? Comme je suis plutôt « mi-figue, mi-raisin » comme on dit, je me situe dans le juste milieu: je pense qu’il y a des deux 😉

OUI, le métier d’infirmière est une « vocation »

Souvent sont évoquées les qualités presque divines de l’infirmière, à l’image de la Vierge Marie, en souvenir de l’époque où l’infirmière était d’abord une nonne, avec tout ce que ça suppose de valeurs morales, de sacrifice et de dévotion.  Ce métier était d’ailleurs réservé aux femmes, et est encore majoritairement occupé par elles, parce qu’on leur prête certaines vertus de douceur, de bonté, d’affabilité, d’empathie… bref, de qualités humaines essentielles.

Il serait mensonger de dire que seules les femmes possèdent ces qualités, et il serait d’ailleurs tout aussi mensonger de dire que toutes les femmes les possèdent. C’est sans doute pour ça que toutes les femmes ne deviennent pas soit des saintes, soit infirmières 😀

Mais certaines, deviennent les deux ! 😉

Bref.

Il faut admettre que l’on ne va pas se lancer dans cette voie (ou que l’on ira pas loin dedans) si on a pas une certaine fibre pour ça. Bon, un peu comme pour tous les métiers je dirai, finalement. Enfin, ça dépend. Il y’a plein de raisons de choisir un métier. Pour la gloire, pour l’argent, pour le prestige par exemple. Ce qui exclue déjà le métier d’infirmière: on ne s’engage pas ans cette voie pour la gloire et encore moins pour l’argent, HA HA. C’est tellement ironique. Non. Il faut bien qu’il y ai quelque chose qui nous attire vers ce métier, quelque chose qui indique que oui, ce métier est fait pour moi. Peut-on vouloir être infirmière si on aime pas les gens? Si on aime pas aider les autres, apporter du réconfort, si quelque part on a pas une âme de panseuse d’âmes, justement? Panseuse d’âmes, parce que au delà de soigner les corps, l’infirmière est la principale intervenante auprès des malades, avec l’aide soignante. C’est elle qui est là, auprès d’eux, au quotidien. C’est elle qui entend leurs souffrances, leurs peurs, leurs colères… c’est elle aussi qui entretien un rapport très intime avec eux. Elle les lave, les panse, les manipule, pénètre dans leur corps (avec des aiguilles et des tubes, hein)… elle nettoie leur caca, leur pipi, leur vomi… c’est pas toujours très glamour, c’est sans doute même parfois très gênant pour le patient, et pas toujours facile pour l’infirmière. A mon avis, il faut vraiment aimer les gens pour pouvoir faire un tel métier. Mais ce n’est pas tout, car il faut aussi avoir le coeur bien accroché. Il faut être capable de voir la mort en face, et la souffrance et la maladie. Il faut surmonter son dégoût pour le sang, certaines odeurs, pour supporter de soigner des blessures parfois très moches à voir. Il faut pouvoir supporter le stress et réagir dans l’urgence, il faut être conscient de le responsabilité que l’on a, celle de la vie des gens… il faut du courage et un mental solide, une certaine forme physique aussi…  être infirmière, c’est quand même un sacré boulot! Et ça ne s’improvise pas. Il y a une part du métier qui s’apprend évidemment, et ça tout le monde ou presque peut le faire, il y a aussi l’habitude, qui fait qu’on parvient à surmonter ses peurs et ses dégoûts, sa gêne aussi, mais ça déjà, tout le monde n’y parvient pas. Et puis il y a le reste, tout ce qui ne s’apprend pas,  tout ce qui fera la différence entre une « bonne » et une « mauvaise » infirmière (selon moi): ses qualités humaines et sa passion. On l’a ou on l’a pas, et c’est peut être ça, la fibre dont je parlais plus haut…

NON, infirmière n’est  pas une vocation

Finalement, plutôt que « vocation » je parlerai plutôt de passion. « Vocation » suppose qu’il y ai « un appel », comme à l’origine le mot s’appliquait au domaine religieux, « l’appel de Dieu ». Or ce n’est pas ce qui se produit généralement chez les personnes qui se dirigent vers ce métier. Bon, il faudrait sans doute faire une enquête sérieuse pour pouvoir vérifier cela, et d’ailleurs je vais lancer un petit sondage sur le blog, juste pour voir. Peut être que vous me donnerez tord 😉 Enfin, c’est pas moi qui invente, j’ai fait ma petite enquête sur internet avant de vous en parler, tout de même 😛 Mais parmi les personnes qui se lancent dans cette voie, il y a pas mal de gens qui se sont réorientés, qui ont d’abord suivi une autre formation ou même exercé des années un autre métier avant de se reconvertir. Il y a souvent des personne de 30, 40, même 50 ans dans les promotions. C’est mon cas, d’ailleurs (enfin je n’ai que 26 ans 😛 Mais il s’agit bien d’une brusque reconversion!). Et finalement ce n’est pas par vocation, je n’ai pas eu une sorte d’appel, ni même au départ une passion ou un intérêt particulier pour ce métier. Que je connaissais mal d’ailleurs. Sachez que je n’ai jamais mis les pieds dans un hôpital 😀

Je vais donc un peu vous raconter ma vie, je vous préviens! (après tout, c’est mon blog :P)

Comme l’auteur decet article dont j’ai d’ailleurs apprécié la lecture, c’est un peu « par hasard » que je me suis retrouvée inscrite en classe préparatoire. Je n’en pouvais plus des études, je n’aurai pas dû insister aussi longtemps d’ailleurs. Mais je me cherchais des raisons de continuer. Je pensais devenir chercheur. J’ai changé d’avis. Mais je m’accrochais quand même, bêtement, parce que je ne savais pas quoi faire d’autre, j’avais toujours pensé que je ferai des études à l’université, et que je serai « Docteur ». Quand j’étais petite je disais que quand je serai plus grande je deviendrais « Scientifique » 😛 Enfin bref. Un jour, encore récent, je décide d’arrêter, pour de bon cette fois. Je panique un peu, je me demande « mais qu’est ce que je vais faire?? ». Je savais ce que je voulais:

– une formation  à un métier

– une formation courte et en alternance

– une formation intéressante, à un métier qui me plaise

un métier qui me plaise c’est un métier enrichissant, où le contact humain a une place centrale, où je me sens utile, où je peut réellement aider les gens, mais aussi un métier où je ne risque pas de me lasser, où il y a de la diversité, qui permette d’évoluer et de toujours apprendre des nouvelles choses

Vous comprendrez donc que le métier d’infirmière s’est vite imposé à moi! Pourtant, ce n’est même pas à ce métier que j’ai pensé en premier. D’abord, j’ai voulu faire assistante sociale. Problème: je ne pouvais pas m’inscrire pour la rentrée prochaine. Donc j’aurai dû faire un petit boulot pendant un an, ou finir mes études, et sincèrement je ne voulais pas. Et puis jeter une année à la poubelle, à mon âge, non merci. J’ai donc cherché autre chose. Je me suis tournée vers les apprentissages et j’ai trouvé celui d’assistante médicale qui me plaisait. Problème: c’est en école privée, et ça coûte cher, très cher, trop cher pour moi. L’endettement vous voyez ça n’a jamais été ma tasse de thé. Donc je cherche encore autre chose. Et je me dis que quitte à envisager une carrière dans le médical, autant faire carrément les  études d’infirmière. Problème: il faut faire une année préparatoire. Donc au lieu de 3 ans d’études, c’est 4 années qui m’attendent… ralala.

Et finalement, temps pis. Temps pis parce qu’il y a les stages, que ça ne va pas être 4 années de « pures » études comme avant, temps pis parce que je vais apprendre un métier, et que je serai sûre de ne pas connaître le chômage. Ahem. On est loin de la vocation, et même de la passion, je dirai 😀 Ben oui mais j’ai aussi une horloge biologique chers gens, et j’ai aussi besoin de gagner ma croûte, disons. C’est surtout pour ça que je paniquais, me demandant ce que j’allais devenir.  Mais je savais néanmoins que j’avais les qualités humaines qu’il fallait pour faire ce métier et je savais aussi qu’il correspondait à pas mal de mes critères. Je me suis donc documentée comme une hystérique sur ce métier et les études et malgré les tous les inconvénients et les problèmes,  malgré toutes les choses qui auraient dû me décourager, plus j’en savais mieux je l’aimais. Plus j’en savais, plus je réalisais qu’en fin de compte il était un des rares métiers à remplir TOUS mes critères. Car le métier d’infirmière c’est:

– des relations humaines fortes

– un rôle clef et utile pour les gens et la société

– des actes techniques aussi importants que le relationnel

– des responsabilités

– un travail en équipe pluridisciplinaires (aides soignantes, médecins, assistantes sociales…)

– des possibilités variées d’évolution grâce aux différentes spécialisations (soins intensifs, anesthésiste, bloc opératoire, cadre, formateur praticien, recherche en soins infirmiers…)

une grande diversité, selon que l’on travaille dans tel ou tel service (urgences, réanimation, soins intensifs, SMUR, chirurgie, neurologie, médecine, pédiatrie, et d’autres encore) , selon que l’on travaille dans telle et telle structure (hôpital public, clinique privée,maison de retraite, hôpital psychiatrique, école, armée, prison…) –> c’est à chaque fois différent.

– une ouverture au monde, avec la possibilité de voyager (humanitaire) et d’exercer son métier où que l’on aille

tout cela faisant de ce métier un métier riche, extrêmement enrichissant, permettant de toujours apprendre des choses nouvelles

Et voilà comment un métier qu’on choisi au départ un peu « par hasard » devient enfin, petit à petit, une véritable passion… qu’il me reste tout de même à mettre à l’épreuve du terrain!

Si vous souhaitez réagir vous pouvez bien sûr laisser un petit commentaire, mais vous pouvez aussi venir en discuter ici!

Pensez aussi à répondre au sondage 😉


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3 commentaires

  1. Je te remercie beaucoup pour ton article, je me trouve un peu dans la même situation, et j’envisage de me tourner vers le métier d’infirmière. Ton article me conforte dans mon idée. Merci d’avoir partagé ton expérience!

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